HONOLULU


HONOLULU
HONOLULU

HONOLULU

Capitale du cinquantième État des États-Unis, les îles Hawaii, Honolulu est la plus grande agglomération des mondes insulaires du Pacifique tropical, bien loin devant Suva (Fidji), Papeete ou Nouméa. Elle occupe tout le sud et l’est de l’île d’Oahu (1 574 km2), et si la ville proprement dite ne compte que 385 000 habitants (en 1990), on ne peut en séparer son prolongement occidental (district d’Ewa) avec ses 215 000 résidents (dont l’essentiel des 60 000 militaires et 60 000 membres de leurs familles stationnés dans l’archipel), ni ses annexes orientales, de l’autre côté de la chaîne de Koolau (115 000 hab.). En tout, donc, l’agglomération compte 715 000 habitants, mais les 115 000 personnes de l’ouest et du nord d’Oahu vivent en totale symbiose avec le grand Honolulu, que l’on peut en fait étendre à l’ensemble de l’île d’Oahu et à ses 830 000 habitants. Honolulu représente ainsi 77,3 p. 100 de la population totale de l’archipel et concentre plus de 80 p. 100 de sa richesse.

C’est en 1792, semble-t-il, que le site originel du centre-ville (downtown ) d’Honolulu a été découvert par un capitaine de navire qui trouva la coupure dans le récif corallien permettant de gagner un abri sûr près du rivage sud, «sous le vent», de l’île d’Oahu. C’est le rôle de port de contact avec le monde extérieur qui fit sa première fortune au XIXe siècle, comme point de relâche pour les navires américains ou européens allant vendre en Chine les fourrures collectées sur la côte nord-ouest de l’Amérique, comme centre de traite du bois de santal, comme centre d’escale et d’hivernage surtout pour les baleiniers du monde entier allant chasser dans les eaux riches du Pacifique Nord (1830-1870). Honolulu reste le grand port de l’archipel, avec un trafic de plus de 14 millions de tonnes. Très rapidement, la ville ajouta à sa fonction portuaire celle de capitale politique, avec l’installation du roi d’Hawaii et avec l’implantation des premiers missionnaires puritains de Nouvelle-Angleterre. Son poids économique ne cessa de croître avec le développement des cinq grandes sociétés locales (Big Five) contrôlant toute la vie de l’archipel. Enfin, c’est au XXe siècle que deux nouvelles fonctions, sur lesquelles aujourd’hui repose la prospérité de l’archipel, s’imposèrent: d’abord la fonction stratégique, avec la création de l’énorme base aéronavale de Pearl Harbor, dont l’importance dans le Pacifique, affirmée pendant la Seconde Guerre mondiale, ne s’est pas démentie depuis lors, puisque c’est là que réside le commandant en chef des forces armées américaines dans le Pacifique. Ensuite, le rôle touristique, lié au site célèbre de la plage de Waikiki au pied du petit cône volcanique de Diamond Head, a connu une ascension fulgurante grâce à l’avènement de l’avion à hélices après la Seconde Guerre mondiale, puis surtout des avions à réaction de la première génération (Boeing 707, année 1960) et de la deuxième, celle des gros porteurs depuis les années 1970. L’aéroport international d’Honolulu occupait le dixième rang des grands aéroports américains, avec plus de 20 millions de passagers en 1987. Waikiki concentre toujours la grande majorité des 38 000 chambres d’hôtel de l’île d’Oahu, ce qui représente encore, malgré l’essor impressionnant des complexes touristiques des autres îles, 55 p. 100 du total de l’archipel, et la grande majorité des 5 800 000 visiteurs de 1987 passa au moins une partie du séjour à Waikiki, y apportant une large part des 6,6 milliards de dollars «touristiques».

L’espace urbain s’organise en fonction de ces trois pôles essentiels d’activité. Le centre-ville, à l’est du port, comprend à la fois le quartier des affaires avec les buildings, sièges des grandes entreprises et des banques, et, juste à l’est, le quartier du gouvernement et de l’administration. À l’ouest, tout autour de la ria de Pearl Harbor, c’est le secteur où dominent les activités et les résidences militaires, tandis que plus à l’ouest encore, à l’extrémité sud-ouest de l’île, se développait une grande zone industrielle (raffineries de pétrole). Enfin, à l’est, c’est le pôle touristique de Waikiki, dominé par la masse de béton des grands hôtels du front de mer. Entre ces pôles d’activité, et au-delà, vers le nord, de l’autre côté de la chaîne de Koolau (Kailua, Kaneohe) comme vers l’est (Hawaii Kai) et le nord-ouest (Mililani Town) s’étendent de vastes quartiers résidentiels, dont certains montent à l’assaut des planèzes méridionales de la chaîne de Koolau ou s’insinuent au fond des vallées qui l’échancrent. L’extension spatiale de l’agglomération — plus de 40 kilomètres d’ouest en est — entraîne des problèmes de circulation automobile et, par contrecoup, de pollution urbaine.

La population d’Honolulu est, à l’image de celle de l’archipel, un extraordinaire kaléidoscope de races et de groupes ethniques, associant gens d’ascendance chinoise, japonaise, philippine, coréenne, à des Blancs d’origine très diverse (Américains, Portugais, Espagnols...) et aux descendants métissés des indigènes polynésiens. Même s’il y a survivance de certains clivages ethniques, même s’il y a des tendances au regroupement en quartiers où domine tel ou tel groupe racial — sans exclusive cependant —, Honolulu présente un remarquable exemple de réussite globale d’une société pluriethnique. Cela n’est certes pas sans faciliter le développement de son rôle de pont culturel entre l’Orient et l’Occident et de vitrine de la civilisation américaine dans tout le Pacifique. Honolulu reste américaine certes, mais elle est aussi de plus en plus cosmopolite avec le poids croissant des touristes et des capitaux japonais. L’université des Hawaii et l’East West Center concrétisent sur le plan intellectuel et scientifique la vocation pan-pacifique de l’archipel.

Honolulu
cap. de l'état d'Hawaii (È.-U.), dans l'île Oahu; grand port du Pacifique; 365 200 hab. Base militaire. Tourisme.

Encyclopédie Universelle. 2012.